3 stages photo à Arles

retour en photographie

lundi 29 mai 2017

Très curieusement, lorsque la vente de mon atelier se profilait à l’horizon début 2017, ma seule idée fixe était de me racheter un appareil photo. Singulière équivalence, le prix d’un bien immobilier contre un accessoire de création, de voyage, de liberté, qui peut être très coûteux, certes… Mais quel était donc l’enjeu de cette conversion ?

Envisager l’achat d’un Leica, le fantasme ultime des photographes puristes ? Oui à tous points de vue je quittai cet atelier pour vivre mes fantasmes. Convertir le rêve en réalité. Je savais que je ne me rachèterai pas une habitation tout de suite, je tenais à voyager et à rendre hommage à l’œil que je m’étais forgé en photo il y a longtemps. Et puis aussi ce parallèle d’un nouveau départ dans la vie, une première fois en 1980 à Paris, où j’atterrissais à 20 ans dans ma chambre de bonne de Gare de l’Est avec mon gros barda de rêves et de désirs, et 37 ans plus tard, où je quitte Paris, avec encore plus de rêves et de désirs, mais aussi des remords, des regrets, des désillusions et des abandons.

J’avais adoré la photo, lorsque arrivé à Paris en 1980, je m’étais inscrit aux cours de l’excellent Carlo Werner au Centre d’Animation Jean Verdier. Il se trouve que dans le milieu Carlo est une vedette, et à deux reprises la Ville de Paris, lors de son concours du Mois de la Photo l’a désigné meilleur centre pour la photographie. Je ne savais pas cela en y allant. J’étais juste entre les mains du « meilleur ». Pendant un an je passais mes week-ends dans la chambre noire laissée en libre accès, à me shooter à l’odeur entêtante des révélateurs et fixateurs, sans me soucier de la toxicité de cette chimie photographique hautement cancérigène. Je ressortais de là en fin de journée halluciné, les yeux explosés par la lumière de la nuit naissante. Avec mon Minolta XD7 je commençais à regarder et à cadrer le monde en photographe. Ce modèle était considéré comme une véritable révolution dans le monde de la photo. Produit entre les années 1977 et 1982,  il s’agissait du premier reflex présentant un mode de priorité diaphragme (mode A) et un mode priorité vitesse (mode S), en plus du mode manuel (M). Pour la petite histoire, ce boitier et notamment son obturateur serviront de base pour les Leica R4, R5 et R6. Avec un objectif 50 mm ouvrant à f1.2 j’avais le must de l’époque. Après avoir fait beaucoup de noir et blanc, la plupart de mes photos, surtout de voyage, sont encore en diapositives, non numérisées. Par la suite j’ai malheureusement tout revendu en 1986 pour m’acheter une petite caméra vidéo. Sans parler d’erreur d’aiguillage puisque j’ai aussi œuvré ultérieurement dans la vidéo à titre professionnel, j’ai cependant toujours regretté mon matériel d’antan. Les petits appareils plus simples de la suite, et la laborieuse et lente montée en qualité du numérique ne m’apportèrent jamais le plaisir du réflex, et de la visée dans l’œilleton, plus en prise directe avec le sujet.

Je me suis aussi beaucoup intéressé vers les années 2006 aux techniques pauvres, sans pour autant m’impliquer assez dans un travail qui revenait à l’argentique et à la préhistoire de la photo. J’étais alors surtout dans mes premières peintures, mais ouvert à toutes les techniques mixtes. Plastiquement ce sont cependant ces photos qui m’émeuvent le plus. Je pense retourner encore dans ces explorations.

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Ancien condamné à mort, après 24 ans passés derrière les barreaux, après avoir été déclaré « ennemi public n° 1 », repassait quasiment chaque jour « les portes du pénitencier » pour aider des détenus, notamment les jeunes, à préparer leur sortie sans passer par la case récidive. Il en ressortait chaque soir, en homme libre, et retrouvait sa femme et ses deux fils, dans une existence apparemment banale comme il n’avait jamais osé en rêver. Pourtant, Jacques Lerouge, dix ans après sa libération, avouait qu’il ne serait jamais un homme tout à fait comme un autre… S’il ne remettait pas en cause la légitime « punition » que la société se doit d’infliger à un délinquant, il se battait en revanche pour qu’à la privation de liberté, on ne vienne pas ajouter l’humiliation, la destruction de la personne humaine… Tous ont à y gagner, les citoyens autant que les détenus : la récidive coûte si cher à la société…
En savoir plus sur l’histoire et la fin tragique de Jacques Lerouge.

temps de lecture 4 mn

Après avoir fait plus de 10 métiers, je change encore radicalement de vie en 2017, un passage au nomadisme, puis le retour à une vie simple et minimaliste, dans la nature, en décroissance. Sans oublier l‘expression artistique — et l’écriture, bien sûr…

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